La SNEMM PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Vendredi, 07 Mai 2010 13:56

  LA SOCIETE NATIONALE D'ENTRAIDE DE LA MEDAILLE MILITAIRE

 

L'association de l'Orphelinat et des Œuvres des Médaillés Militaires, reconnue d'utilité publique par décret du 20 décembre 1922, devient, après la dissolution par absorption de l'ancienne Société Nationale Mutualiste « Les Médaillés Militaires », autorisée par le Loi n° 2007-246 du 26 février 2007:

La Société Nationale d'Entraide de la Médaille Militaire (S.N.E.M.M.)

 

Historique de la Médaille Militaire:

La médaille militaire est incontestablement la plus belle décoration française. Non hiérarchisée, ne comportant ni grade, ni degré, elle est attribuée aux militaires non officiers de toutes armes. Elle fut instituée en 1852 par le prince Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, en écho à la création par Napoléon Ier, 50 ans auparavant, de la Légion d'honneur, concédée, elle, aux seuls officiers. Depuis lors, elle pend sur la poitrine d'hommes, de femmes et d'enfants, comme autant d'exploits insoupçonnables que la nature humaine révèle dans des circonstances exceptionnelles. Elle décore drapeaux et emblèmes et honore parfois l'insolite.

22 janvier 1852, Palais des Tuileries. Louis Napoléon Bonaparte, encore président de la République, signe le décret de création d'une nouvelle décoration destinée à récompenser les soldats et sous-officiers de l'armée de terre et de mer. Le décret du 29 février en fixe les caractéristiques essentielles. La médaille, d'un diamètre de 28 millimètres, sera en argent et portera sur l'avers l'effigie de Louis Napoléon, avec son nom pour exergue, et sur le revers, dans l'intérieur du médaillon, la devise « Valeur et Discipline ». Le décret précise qu'elle sera surmontée d'un aigle. Le ruban, quant à lui, est directement inspiré de la Couronne de Fer imaginée par Napoléon Ier après qu'il ait été couronné roi d'Italie.

22 mars 1852, face au Carrousel du Louvre, première remise de médailles militaires. Le général Canrobert commande la cérémonie et présente les troupes (6.000 hommes) au prince président, lequel arbore lui-même l'insigne qui ornera bientôt la poitrine des braves, figés au garde-à-vous, auxquels il s'adresse ainsi :

« Soldats, combien de fois ai-je regretté de voir des soldats et des sous-officiers rentrer dans leurs foyers sans récompense, quoique, par la durée de leurs services, par des blessures, par des actions dignes d'éloges, ils eussent mérité un témoignage de satisfaction de la patrie ! C'est pour le leur accorder que j'ai institué cette médaille. Elle assurera 100 francs de rente viagère. C'est peu, certainement, mais ce qui est beaucoup, c'est le ruban que vous porterez sur la poitrine et qui dira à vos camarades, à vos familles, à vos concitoyens que celui qui la porte est un brave... ». Puis, après un roulement de tambour, Louis Napoléon remet la toute première médaille militaire à Jean-François Forgues, sergent du 72e de ligne, qui inaugure les registres du ministère de la Guerre dans les colonnes duquel on peut lire « Services 9 ans, campagnes 9 ans. S'est distingué pendant les événements de décembre. Trois fois engagé ». Au cours de la cérémonie, 47 autres médailles seront attribuées. Le dernier récipiendaire sera le canonnier Pointurier (16 ans de services, 8 ans de campagnes).

Le 10 mai suivant, une seconde cérémonie du même ordre rassemble cette fois 800.000 hommes et 100 bouches à feu sur le Champ de Mars. Au cours de cette manifestation de grande ampleur, 1705 soldats et sous-officiers seront mis à l'honneur, dans le cadre d'une large promotion (262 cavaliers, 200 artilleurs et soldats du génie, 313 gendarmes, 864 fantassins et 66 hommes de divers corps).

Enfin, le 13 juin, la concession du ruban vert et jaune est étendue, par exception, aux maréchaux de France et aux officiers généraux ayant rempli les fonctions de ministre ou exercé des commandements en chef. C'est ainsi que Louis Napoléon Bonaparte décerne la médaille militaire aux comtes Honoré Reille (1755-1860) et Jean-Baptiste Vaillant (1790-1872). Le premier participa notamment aux batailles de Iéna, Friedland et Wagram. Il fit partie de cette talentueuse génération venue remplacer, sur la fin de l'Empire, celle, fatiguée, des héros de la Grande Armée et de la République. Il avait été nommé maréchal de France le 17 septembre 1847. Pour l'anecdote, notons qu'il repose au cimetière du Père Lachaise sous le même monument que le maréchal Masséna, dont il avait épousé la fille, Victoire. Le second fut ministre de la Guerre, ministre de la Maison de l'Empereur de 1860 à 1870. Il était maréchal de France depuis 1851.

 

   Historique de la Société

 

La Société Nationale Mutualiste "Les Médaille Militaire" N'était pas, comme on pourrait le croire trop rapidement, une association d’anciens combattants. Elle fut, dès l’origine, au début du XXème siècle, une société de prévoyance, à une époque où il n’existait pas encore d’assurance maladie, de retraite des vieux travailleurs, sans parler de la retraite complémentaire, non plus que de pension d’invalidité ou d’allocations familiales.

Cette vocation de secours mutuel permit ainsi aux médaillés militaires de tisser des liens très forts de camaraderie et contribua également à la défense de leurs droits. Dès sa création, les militaires d'active furent autorisés à participer à cette association.

Le journal des Médaillés militaires parut pour la première fois en 1907 et, en 1909, la Société institua l'orphelinat, puis, en 1972, la maison de retraite et de repos des Médaillés militaires à Hyères(83).

Les années passèrent et, peu à peu, la mutualité disparut. Les assurances, le droit à la   retraite par répartition, etc, prirent le pas sur la mutualisation de la société.

Il fallut attendre le 26 février 2007 pour que la Loi puisse changer le destin de la Société. C'est l'Association de l'orphelinat et des Oeuvres qui prit le relais 

 

de la Société nationale mutualiste, en attendant le changement de statut.

Enfin, le nouveau statut fut adopté au Congrès de Vichy et la nouvelle société, reconnue d'utilité publique est devenue la Société Nationale d'Entraide de la Médaille Militaire.

Son siège est situé à Paris, 36, rue de la Bienfaisance, dans le 8° arrondissement

Mise à jour le Mardi, 21 Décembre 2010 11:04